Caroline Molusson

L’origine de ma recherche vient d’une pratique de l’improvisation en danse. De la danse j’explore la question de l’espace et du corps : où le corps se place-t-il dans l’espace? comment l’espace est perçu par et dans le corps? comment notre corps peut-il vraiment prendre possession de l’es-pace qui l’entoure et créer un nouveau rapport avec lui, inattendu, brutal, onirique? Comment agir, modifier, notre perception de l’espace?

Je passe d’un medium à l’autre sans savoir-faire particulier : installation, vidéo, photo, dessin... J’utilise des matériaux de mon environnement immédiat et reste dans une technique d’improvisa-tion : écoute de l’instant présent, création spontanée, réponse immédiate; je fais peu de montage, recadrage, finitions mais beaucoup de répétitions, d’allers et retours, décompositions, recompo-sitions...

Je cherche à partager des sensations ressenties et les mettre en forme, trouver un rythme et une énergie. Comment vivre la réalité autrement dans notre propre corps? comment sortir de son corps et de son espace? La pratique de la danse, du trapèze et de la corde me permet d’ouvrir à la fois le champ des questions et celui des réponses, de révéler la présence du vide et la mise en danger perpétuelle de notre propre corps dans ses gestes les plus courants. Perdre ses points d’appui, ses points de repères, les recréer, être à l’écoute de ce réajustement incessant me per-met de créer des fissures dans la réalité.

Actuellement je m’interroge sur le statut de l’art et la façon dont il est perçu. Je développe des pro-jets comme les Oeuvres invisibles, On n’y voit rien, où l’oeuvre n’est plus si évidente, c’est au spectateur d’être à l’écoute de ses sensations pour la découvrir.

Caroline Molusson.